Parutions récentes


Esther Benbassa (dir.)
Itinéraires sépharades
Complexités et diversités des identités.

Cahiers Alberto Benveniste
2009, 268 p.
ISBN : 978-2-84050-675-1


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Si aucune identité n’est simple, celle des Sépharades l’est peut-être moins encore. Adeptes de la philosophie, de l’apprentissage des sciences, de l’éducation à la fois profane et religieuse, ils sont érigés en modèles par les penseurs des Lumières en Europe, qui voient en eux de possibles futurs citoyens. C’est toujours eux que les révolutionnaires émancipent en premier en France dès 1790.

 Issus de la péninsule Ibérique, après leur expulsion au XVe siècle, ils suivent des trajectoires et connaissent des vicissitudes multiples, créant des univers culturels imprégnés par leur environnement aussi bien musulman que chrétien. Ainsi gardent-ils les traces de ces passages avec une spécificité juive qui leur est particulière. Dans leurs lieux d’exil, allant de l’ouest de l’Europe jusqu’à l’est balkanique, en passant par l’Empire ottoman et le Maghreb, puis les colonies de l’Atlantique, ils assistent et participent aux changements qui s’y opèrent, prennent le mouvement de la modernité en marche.

Juifs d’abord, puis, pour ceux qui sont forcés à la conversion en Espagne et au Portugal, juifs et chrétiens, juifs à la maison et chrétiens dehors, ou chrétiens tout court; juifs et musulmans, ou musulmans seulement. Ces départs et ces retours deviennent constitutifs de ces identités sépharades fluctuantes, mais qui par là-même ont su conjuguer les différents apports de leur «statuts religieux», portes d’ouverture ou d’accès à des sensibilités aux contours pluriels.

L’Holocauste avait voué à l’oubli leur patrimoine aussi bien en Occident que dans les Balkans où ils s’étaient dispersés autrefois, cultivant leur particularité judéoespagnole pendant des siècles. Ce sont les itinéraires de ces Sépharades sans patrie, mais toujours patriotes de leur mythologie ibérique, que cet ouvrage retrace à travers des destins individuels.



Le judéo-espagnol vernaculaire d'Istanbul. Etude linguistique par Marie-Christine Varol-Bornes

Marie Christine Varol-Bornes  a publié récemment «le judéo espagnol vernaculaire d'Istanbul, étude linguistique», aux Edition Peter Lang, Bern. Il s'agit d'une version abrégée de la thèse de doctorat, dirigée par le professeur Haïm Vidal Séphiha, thèse qu'elle a présentée en 1992 à la Sorbonne. Cet ouvrage s'appuie sur l'analyse d'entretiens enregistrés, d'expressions et de proverbes relevés en situation et sur des conversations ordinaires, décrit le judéo-espagnol parlé à l'heure actuelle dans la communauté juive d'Istanbul. La langue y est étudiée en synchronie, comme un élément d'un code plurilingue, et dans sa dynamique.

L'étude tient compte de la variation, qu'elle soit individuelle ou sociale, stylistique ou socio-économique ou qu'elle soit due à l'âge ou au sexe des locuteurs.

Elle analyse les particularités phonétiques, morphologiques, syntaxiques et lexicales du judéo-espagnol, cherche à dégager les facteurs de son évolution et montre le parti que les locuteurs tirent de leur plurilinguisme. Quatre-vingt-dix ans après la description du judéo-espagnol de Constantinople par Max Leopold Wagner, l'ouvrage répond ainsi à la question du devenir de cette langue que beaucoup estiment mourante.

Marie-Christine Varol Bornes est Professeur des Universités à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Langues O') où elle enseigne la langue, la littérature et la civilisation des Juifs Séfarades. Elle a consacré de nombreux articles et deux ouvrages au  judéo-espagnol. Elle est membre de l'UMR 8099, Langues - Musiques - Sociétés, du CNRS.

Edité chez Peter Lang Bern ISBN 978-3-03911-694-2 rel. 578 pages. info@peterlang.co

Entre dos mundos
. Catálogo de los impresos búlgaros en lengua sefardí (siglos XIX y XX)
de Gaëlle Collin et Michael Studemund-Halévy.

Tirocinio, Barcelona, 2007. XXXV, 161 págs. (18,5 x 24 cm.). Ilustr. Collección Fuente Clara, 10.


Ce catalogue des textes imprimés en Bulgarie en judéo-espagnol aux 19ème et 20éme siècles est le résultat de trois années de recherches dans les bibliothèques bulgares et israéliennes et dans les catalogues de bibliothèques américaines, danoises, etc. Il regroupe de façon exhaustive les références des 244 imprimés bulgares en judéoespagnol que nous avons pu recenser à travers le monde. Plusieurs dizaines de références étaient jusque-là ignorées des travaux bibliographiques antérieurs. Chaque notice bibliographique est accompagnée d'une reproduction de la couverture de l'ouvrage original (sauf dans le cas où l'exemplaire n'a pas pu être consulté et qu'il s'agit d'une information de seconde main). Ce catalogue permet à celui qui s'intéresse au judaïsme de Bulgarie de connaître les diverses sources bulgares écrites en judéo-espagnol. Commentaires bibliques, oeuvres didactiques, ouvrages de grammaire, ouvrages littéraires de poésies, nouvelles, théâtre, proverbes. Ce catalogue est accompagné d'une étude introductive complémentaire.

Commande : http://www.librairiedutemple.fr/




Contes judéo-espagnol.
La mariée de sucre et de miel.
Choisis, traduits et adaptés par Vanessa Pfister-Mesavage.

Illustrations de Sandra Albukrek-Sebban.
Neuf de l'Ecole des Loisirs, janvier 2007.


Les contes judéo-espagnols ne sont pas ceux d’un pays mais d’une communauté condamnée à l’exode. En 1492, les rois Isabelle de Castille et Ferdinand D’Aragon ordonnent aux juifs de leur royaume de se convertir au catholicisme ou de quitter définitivement l’Espagne. Cent cinquante mille d’entre eux s’embarquent vers l’inconnu. Ils n’emportent rien d’autre que leur langue et, dit-on, la clef de leur maison, pour le jour où ils rentreront. Ils ne sont jamais rentrés. Certains débarquent en Europe du Nord, en Angleterre ou en Hollande, d’autres sur les côtes du Maghreb, en Égypte et en Palestine. Une partie se fixe en Italie.

Les plus nombreux font route vers l’Empire ottoman car c’est là qu’ils sont le mieux accueillis. Le castillan médiéval entre alors en contact avec la langue des divers territoires de l’Empire, le turc, le grec, le bulgare... Et à la fin du XVIIe siècle la langue des juifs venue d’Espagne est devenue une langue particulière, le judéo-espagnol.

C’est dans cette langue que de Sofia à Salonique, d’Alexandrie à Istanbul, les séfarades conversent, commercent, plaisantent, cuisinent et transmettent leurs histoires. Des contes délicieux et insolents, remplis de tendresse et de poésie où l’on parle d’amour, d’hommes pieux, d’enfants gourmands ou d’épouses plus rusées que le diable.



Réédition des Recherches sur le Judéo-Espagnol dans les pays balkaniques par Cynthia Mary Crews.

Grâce à la remarquable traduction d'Anna Angelopoulos nous avons pu découvrir au Kafé de Los Muestros en 2009 le recueil des contes judéo-espagnols des Balkans. Ces contes ont été collectés auprès de locuteurs d'origines diverses par la philologue anglaise Cynthia Marie Crews entre 1929 et 1935. Ils ont fait l'objet d'une thèse soutenue par elle-même en 1935.

Notre association a estimé en accord avec Anna que la réédition du recueil original en judéo-espagnol contribuerait à une meilleure connaissance de cette "littérature orale" encore vivace dans les communautés balkaniques jusqu'à leur destruction pendant le Seconde Guerre Mondiale.

Pour ceux qui le souhaitent, le livre est à nouveau disponible auprès d'Aki Estamos au prix de 23 € plus frais d'envoi. Par ailleurs, nous recom- mandons vivement la traduction réalisée par Anna Angelopoulos : Contes judéo-espagnols des Balkans distribuée en librairie. Éditeur José Corti.






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François Azar,
8 févr. 2010 à 01:24
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